2016/57: Camille mon envolée, Sophie DAULL

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Camille, 16 ans, a été emportée en quatre jours par une fièvre foudroyante. Dans les semaines qui ont suivi la mort de sa fille, Sophie Daull a commencé à écrire. Ecrire pour ne pas oublier Camille, son regard « franc, droit, lumineux », les moments de complicité; l’après, le vide, l’organisation des adieux, les ados qu’il faut consoler, les autres dont les gestes apaisent. Ecrire pour rester debout, vivre quelques heures chaque jour en compagnie de l’enfant disparue, endiguer le raz de marée des pensées menaçantes. Loin de l’épanchement d’une mère endeuillée, Camille mon envolée est le récit d’une résistance à l’insupportable, où l’agencement des mots tient lieu de programme de survie.

Un livre à la fois très beau et effroyable. Une écriture douce, fine, sensible, gracieuse. Un cri du cœur, une déchirure, une plaie béante. Il est 23h30, je tourne la dernière page. Les larmes ne se tarissent pas. Elles ont coulé toutes seules tout au long de cette lecture et ne cessent plus. L’angoisse m’étreint. Justement, dans la chambre d’à côté, ma fille, 15 ans, est malade depuis deux jours. Camille, Camille, ma Maëlle…

Terriblement bouleversant. J’ai des larmes plein les yeux et plein le cœur.

J’ai eu l’image de mon Ado sur cette civière, sur ce lit d’hôpital, branchée, puis partie. J’ai eu l’image de cette mère qui s’effondrait. L’image de la fin de sa vie. Quelle horreur! Mon dieu quelle horreur! J’ai pensé que j’étais chanceuse de ne pas être à sa place, de ne pas connaître son calvaire. C’est terriblement égoïste, oui. Mais toi aussi, quand tu liras ce livre, ce témoignage, ce vibrant cri d’amour à Camille, tu auras le même réflexe.

En tournant ces pages, j’aurais voulu prendre Sophie Daull dans mes bras, la serrer contre moi, sans échanger un mot. Une compassion de mère à mère, montrer qu’on est là même si on est bien incapable de consoler, de vraiment comprendre puisqu’on a pas subi la même tragédie.

Une semaine est passée depuis cette lecture et mes premières impressions jetées là dans la foulée. Tout va bien chez nous, pourquoi en aurait-il été autrement. Mais cette inquiétude reste latente. Si un jour je devais moi aussi être confrontée à cette perte tragique? Voudrai-je y survivre? Je n’en sais rien et ce n’est pas une question à laquelle j’ai envie de répondre. Un livre comme une bouée, comme une trouée de ciel bleu après un orage. Un témoignage atroce, une confrontation avec mon pire cauchemar. Un livre magnifique.

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