2016/32: Je n’ai rien vu venir, Eva KAVIAN

je-nai-rien-vu-venir-web-500x500

Momo est hyperactif et ça tombe bien: quand il n’est pas occupé à sauver Filleul Royal du suicide, il veille sur Ramon, coincé entre sa mère et sainte Bibine. Le plus souvent, il fait la causette aux visiteurs de la résidence, un centre qui accueille les naufragés de la ville et de la vie. Puis, un jour, Jacques arrive, avec ses histoires de sexagénaire cabossé: « Je n’ai rien vu venir. Que dire d’autre? » Plein de choses, sans doute…

Merci à Masse Critique et aux Editions Weyrich de ce cadeau.

Bienvenue à la Résidence, foyer pour SDF où arrivent comme il est dit toutes sortes de naufragés. Nous allons y faire la connaissance de Momo, qui n’est bon à rien sauf à prendre soin de la Résidence et de ses occupants. Momo, qui partage sa chambrée avec Ramon, Filleul Royal et Jacques. Ramon est perdu, dominé par sa mère qui vit en Espagne et par son addiction à l’alcool, il se perd. Filleul Royal est un grand dépressif qui tente de se suicider tous les quatre matins. Et puis arrive Jacques, qui n’a rien vu venir et se retrouve à la rue du jour au lendemain. Nous apprendrons leurs histoires au fur et à mesure du récit bien sur, histoires de déchéances, de désamour, d’abandons. Une dégringolade des strates sociales pour certains, pour d’autres la misère les a cueillis dès leurs plus jeune âge. Il y ceux qui s’engluent dans leur marasme, il y a ceux qui tentent tout. Et puis, ce n’est pas forcément ceux qui le mériteraient qui finissent par trouver la sortie du tunnel.

Des tranches de vie, des morceaux de désespoirs mais aussi un grand souffle d’optimisme. Un court récit très parlant pour moi, frappant même. Parce que tout perdre et se retrouver à la rue sans rien ni personne, cela peut arriver très très vite, et pas qu’aux autres.

« Il y a les abrités, les abritants et les sans-abri. Il y a ceux qui sont tombés dans un trou du tissu social, et ceux qui les ramassent. Il y a ceux de la rue qui ne savent plus exister ailleurs et ceux de la rue qui ne savent pas comment échapper à la rue. Et ainsi de suite. La machine-société est composée d’une infinité d’éléments. On ne choisit pas quelle pièce on est, mais cela a une incidence sur la partie de la machine dans laquelle on passe sa vie. »

Un petit récit qui se dévore, qui interpelle. Qui parle de vie, de sensibilité, d’humanité, de vulnérabilité. Mais aussi de la violence quotidienne, d’une réalité que l’on préfère occulter. D’hommes en déroute et aussi de paumés, aucun n’ayant été épargné.  Un récit efficace.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :