2016/23: Grâce, Delphine BERTHOLON

grace

« Dès que je passai le seuil de la maison, je sus que quelque chose n’allait pas. » 1981. Dans la campagne beaujolaise, Grâce Marie Bataille, trente-trois ans, vit avec ses enfants au rythme des retours de son mari lorsqu’une jeune fille au pair polonaise vient perturber une vie jusque là tracée à la craie… 2010. Nathan, son fils, la retrouve pour fêter Noël. Mais cette année, tout est différent. Avec une maîtrise narrative magistrale, Grâce invoque les fantômes, les secrets,  les non-dits familiaux, et nous plonge dans une atmosphère aussi trouble qu’envoûtante.

Voici une très jolie découverte.

Le roman est mené de deux points de vues: celui de Grâce d’un côté et de l’autre, celui de Nathan devenu adulte. L’histoire se met en place ainsi: Grâce a épousé Thomas, duquel elle a deux enfants, Lise et Nathan. Thomas est très souvent absent pour son travail. Une année, ils embauchent une jeune fille au pair polonaise, Christina. Seulement Christina est très jeune et très jolie, ce qui n’échappe pas à Thomas. Et puis un jour, Christina disparaît, repartie en Pologne près des siens où les choses vont mal. A la suite de quoi, Thomas partira lui aussi. Trente ans après, Nathan revient à la maison familiale retrouver Grâce et Lise pour les fêtes de Noël. Bien sur, cette année-là, il y aura des surprises imprévues. Des secrets vont refaire surface, certains trouveront des réponses à leurs pressentiments.

Une écriture fine et subtile, sans concession mais recherchée. Une lecture fluide et agréable. Une histoire de famille, un drame familial plutôt, prenant. Difficile à lâcher. J’admets avoir ressenti beaucoup de tendresse pour Nathan, qui élève seul ses jumeaux. Il inspire l’attachement, la compassion, la bienveillance. Le personnage de Grâce inspire moins la sympathie, elle est très froide et distante. Quant à Lise, elle est paumée dans sa vie, noyée dans des incertitudes, des rancoeurs  et des remords qui l’auront détruite. Nathan, lui, tente tant bien que mal à survivre à son épouse décédée en couches.

J’ai aussi beaucoup apprécié le récit historique en fond, cette évolution de la condition féminine au travers des écrits de Grâce: le père de Grâce qui était un résistant farouche, l’élection de Mitterrand, la place prépondérante prise par l’électroménager dans le quotidien, l’importance du couple il y a quelques décennies, l’apparition du culte du corps et de la beauté, la conception du vieillissement et du deuil…

Bref, une très bonne lecture.

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2 responses to “2016/23: Grâce, Delphine BERTHOLON

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