2016/22: Le diable tout le temps, Donald Ray POLLOCK

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De l’Ohio à la Virginie Occidentale, de 1945 à 1965, des destins se mêlent et s’entrechoquent: un rescapé de l’enfer du Pacifique, traumatisé et prêt à tout pour sauver sa femme malade; un couple qui joue à piéger les auto-stoppeurs; un prédicateur et un musicien en fauteuil roulant qui vont de ville en ville, fuyant la loi… La prose somptueuse de ce premier roman de D. R. Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages. Un univers qui rappelle ceux de Flannery O’Connor, Jim Thompson ou Cornac McCarthy.

Voici un roman intriguant. Particulier. Que je ne saurais définir. Je ne peux le classer ni dans les thrillers ni dans les polars, ce n’en est définitivement pas un, mais c’est très sombre. C’est un roman noir, voilà. La violence y est manifeste.

Nous suivons ici une foule de personnages différents mais liés, qui s’empêtrent dans une vie qui ne commence par très bien et finit de mal en pis. Il y a Willard l’ancien soldat qui perd la tête à force de chercher des solutions pour sauver sa femme malade et agonisante. Il entraine dans sa folie son fils, Arvin, dont nous suivront aussi le destin. Il y a Lee Bodecker, flic véreux. Il y a sa sœur et son beau-frère, qui agressent des auto-stoppeurs. Il y a la mère de Willard qui recueille une orpheline. Il y a ce prêtre pas très catholique. Il y a le prédicateur et son acolyte, qui fuient la justice et leur conscience.

L’auteur relate des faits mais à aucun moment il ne cherche d’excuse ou d’explication aux actes de ses personnages. Pas de circonstances atténuantes, pas de pardon, mais pas non plus d’acharnement. Beaucoup de tendresse, latente, en revanche pour ces pauvres hères. Ces personnages ont tous eu une vie difficile, et tous creusent leur trou.

J’ai eu de mal à entrer dans l’histoire au début. Il m’a fallu un moment pour me familiariser avec le style de l’auteur. Mais au bout d’une petite centaine de page, j’étais prise au piège: il fallait que je sache ce qu’il adviendrait de chacun. Si l’un d’entre eux arriverait à s’extirper de son destin. C’est un récit très prenant, très dense sans être étouffant, comme cela arrive parfois quand il y a beaucoup de protagonistes, quand on finit par se perdre entre tous. Pas là, c’est clair et concis. Une excellente surprise.

 

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