Rose, Tatiana DE ROSNAY

rose

Paris, sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d’Haussmann réduisent des quartiers entiers en poussière et génèrent des milliers d’expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du Petit Journal et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu’au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet: sa maison, située sur le tracé du boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l’empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret jalousement gardé.

Voici Rose, une femme âgée, qui occupe illégalement sa maison. Parce que Paris doit être modernisée et que le baron Haussmann a décidé d’y tracer de grands boulevards, Rose voit sa vie partir en fumée. Mais elle n’a pas dit son dernier mot. Réfugiée au fin fond de sa maison, elle utilise le peu de temps qui lui reste avant la démolition du bâtiment pour écrire à son mari défunt son ressenti. Elle revient sur leur jeunesse, retrace leur vie de couple et celle de leur famille, et à travers eux sur la vie de leur cher quartier bientôt disparu.

J’ai beaucoup aimé ce livre. J’ai beaucoup aimé vivre à travers Rose les derniers instants de nombre de quartiers parisiens, et découvrir aussi cette période de l’histoire de la ville, sa transformation radicale. L’empereur Louis-Napoleon Bonaparte, impressionné par la reconstruction de Londres, veut reproduire le même modèle à Paris. Le Baron Haussmann prend les choses en main. Le but: un nouvel essor humain et économique, l’éradication des épidémies de choléra, la mise en oeuvre de théories hygiénistes. Son slogan: « Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie ». Ces restructurations lui permettent aussi de détruire en partie les foyers de contestations populaires. Dans la pratique, il détruit nombre de bâtiments anciens, mais crée de nouveaux parcs et jardins, malgré l’amputation d’une partie de l’espace des jardins du Luxembourg. Il aménage les espaces boisés (Vincennes, Boulogne). En 18 ans de travaux, ce sont 18 000 maisons qui ont été démolies et autant de familles qui ont été délogées et ont dû se débrouiller comme elles le pouvaient. Ces expropriations ont entraîné la faillite de nombreux petits propriétaires qui ont tout perdu. Le niveau de standing exigé des nouvelles constructions exclue toute la classe ouvrière, reléguée aux portes de la ville.

Bon, dans les grandes lignes, hein.

Un roman intéressant donc, qui nous renvoie à la vie parisienne à la fin du XIXème siècle (1852-1868). Quand je pense à tous ces quartiers disparus et toutes ces vies détruites!

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2 responses to “Rose, Tatiana DE ROSNAY

  • sylvie

    Le sujet est intéressant, j’aime les romans dans lesquels la « petite » histoire des personnages s’inscrit dans un épisode historique particulier: on lit un roman et on prend un cours d’Histoire sans en avoir l’air 😉

  • Lysée

    Oui, c’est tout à fait ça. J’ai apprécié les choses que j’ai apprises sur cette période à travers l’histoire de Rose.

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