Le premier verre, alcoolique à 12 ans, Elodie COMTE

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 Pour Elodie, la transition entre l’enfance et l’âge adulte ne ressemble pas vraiment à une adolescence ordinaire. A douze ans, en sixième, elle partage quelques bières avec des camarades pour s’amuser, pour faire comme les grands. L’alcoolisme, dès lors, s’empare de sa vie. Boire devient son seul et unique centre d’intérêt: dérober de l’argent à ses parents pour acheter des boissons, planquer des bouteilles à proximité de tous les lieux qu’elle fréquente quotidiennement, lutter pour cacher sa dépendance à ses proches, défier l’institution scolaire en inventant des stratagèmes pour boire jusque dans la salle de cours…

Et Elodie s’enlise. Elle opte pour les grands moyens, s’injecte l’alcool par intraveineuse. Elle s’enfonce aussi dans le mensonge, dans la violence, dans le mal-être. Guérie à force de volonté, Elodie met aujourd’hui son expérience au service des autres et se rend régulièrement dans les lycées pour témoigner, expliquer, prévenir.

Je suis tombée sur cet ouvrage par hasard; il faisait partie d’un lot convoité parce que contenant deux thrillers. Et bon, moi et les thrillers, hein…

Disons que ça refroidi. Il me semble qu’Elodie a maintenant 23 ans, mais c’est toujours terriblement d’actualité.

Il faut dire quand même que le style est très plat. Il n’y a pas d’effusions de sentiments comme on pourrait l’imaginer. Elodie relate des faits. Point de vue stylistique, c’est plutôt un compte-rendu de son expérience.

Elle explique comme il a été facile (horriblement facile même) de se noyer dans l’alcool, la vitesse à laquelle on devient accro, les subterfuges utilisés pour garantir sa consommation, les conséquences; rébellion, violences. Mais aussi le besoin de respect, la volonté de s’en sortir, les rechutes, …. Et puis tout ce qui l’a sauvée: l’écoute, le soutien sans faille d’amis, l’amour de ses proches. Toutes les personnes atteintes de dépendance n’ont pas cette chance.

Ce livre est certainement parlant pour beaucoup de personnes addicts (quelle que soit l’addiction), ou pour leur entourage. Il pourrait peut être aider certains à ouvrir les yeux, donner des pistes de réflexion, être utilisé comme base de travail par des soignants, ou par les personnels enseignants ou policiers, qui sont amenés à être confrontés à l’alcoolisme des plus jeunes.

Un livre intéressant sans aucun doute.

« Comme aime à le rappeler mon ami Jacques Locry, le buveur est « intéressant » au début. Intéressant et heureux. Quand il a de l’argent en poche. Quand il paie des tournées. Quand il amuse la galerie. Là, il plaît ! Il régale. Il se fait aimer. On l’entoure. On lui veut du bien. On l’écoute. Puis le temps passe. La situation se dégrade tout doucement. Et bientôt le buveur n’a plus d’argent. Alors il n’invite plus. Il cesse d’être intéressant. Il ne fait plus rire personne. Il n’est plus aimable. Il encombre, même. Adieu, le boute-en-train ! Le gai compagnon est mort. Il ne reste plus qu’un gars qui vomit. Un homme à terre. Un pauvre type, seul, méprisé, abandonné. Un poivrot qui titube. Qui ne sait plus ce qu’il dit. Ni où il habite. Un être qui se pisse dessus. Qui sent mauvais. Un emmerdeur. Une chose. Moins qu’une chose. »

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