L’armée furieuse, Fred VARGAS

 

 

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Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l’Armée furieuse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi.

– C’est une association?

– L’Armée furieuse, répéta-t-elle tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas?

– Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait.

– Mais vous ne connaissez même pas son nom? La Mesnie Hellequin? chuchota-t-elle.

– Je suis désolé, dit Adamsberg. Veyrenc, l’Armée furieuse, vous connaissez cette bande?

Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc.

– Votre fille l’a vriament vue? Avec le disparu? Où cela?

– Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là.

Veyrenc retint discrètement le commissaire.

– Jean-Baptiste, vraiment, tu n’as jamais entendu parler de ça?

Adamsberg secoua la tête.

– Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il.

– Pourquoi?

– Parce que, pour ce que j’en sais, c’est l’annonce d’une secousse. Peut-être d’une sacré secousse.

 

Je dois confesser que je suis une fan des romans de Fred Vargas (comme de Thilliez ou de Chattam). J’adore retrouver sa panoplie de personnages décalés. J’aime dès les premières lignes d’un nouvel ouvrage, essayer de deviner où vont nous mener les quelques éléments lâchés là. Et je n’y arrive jamais aussi facilement, évidemment. C’est Vargas quand même.

Cet opus n’échappe pas à la règle. Deux enquêtes conjointes et le rétablissement d’un pigeon maltraité.

L’intrigue se construit autour d’une légende médiévale, la Mesnie Hellequin ou Grande Chasse: une sombre et glauque histoire de meurtres dans le Calvados d’un côté, et la mort dans l’incendie criminel de sa voiture du PDG d’un grand groupe industriel de l’autre. Et des petites choses en plus. Une histoire toute en finesse, distillée au fil des petits détails: des tennis mal lacés, une coupe de cheveux, de petits papiers de sucre, des petits détails qui ne collent pas dans le paysage, l’agression de la vieille Léo, …

Excellent roman, comme d’habitude. Je l’ai dévoré, prise au jeu des miettes de pain disséminées à la façon du Petit Poucet. On cherche, on attend avec impatience la suivante et on n’arrive pas à quitter le chemin tant qu’on n’en a pas trouvé la dernière. J’aime cet enquêteur atypique, accompagné d’une équipe qui l’est tout autant, loin de l’image traditionnelle du héros. J’aime l’humour de Vargas. J’aime les détours et méandres de ses récits.

Un livre à offrir, tout comme « Un lieu incertain » ou « Dans les bois éternels » ou encore « Sous les vents de Neptune ».

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